Ce n'est
que dans une seule province de la Roumanie, en Moldavie du Nord, à la
Bucovine, qu'on trouve des peintures de ce genre, qui n'existent
dans aucun autre pays, au moins pas de la même ampleur ni
sous les mêmes traits.
La peinture extérieure constitue ce que la Moldavie a produit de plus personnel
et de plus original : non seulement la mise de cette peinture, mais l'interprétation
des motifs habituels et l'introduction de thèmes tirés du folklore traduisent
une pensée propre, une véritable école locale avec ses traditions et ses conceptions
? |
|
|
Elles
sont charmantes par l'originalité pitoresque de leur architecture,
plus charmantes encore-celles du XVI-e siècle en particulier
? par le décor de frésque qui couvre leurs murailles extérieures
comme d'un tapis d'Orient aux couleurs éclatantes.
Ces fresques extérieures particulièrement , recouvrant en totalité l'église,
telles qu'on les trouve dans certains cloîtres de Bucovine, sont destinées ?
relier l'espace rituel intérieur au monde extérieur. |
Par l'apparition
d'abord de la fresque sur les parois extérieures, les murailles
de l'église cessent de constituer un isolateur envers la nature.
La nature et l'église commencent ? se confondre, ce sont des trésors qu'on ne
peut voir nulle part ailleurs. Avant tout, ce sont ces curieuses églises dont
on peut mieux comparer l'aspect extérieur et ses mille couleurs aux façades de
Saint Marc de Venise ou ? la cathédrale d'Orvieto. Il n'y a évidemment, que la
sculpture qui n'occupe pas, en Bucovine, une place correspondante : elle peut
etre considérée comme rituellement interdite.
Les maîtres moldaves étalaient leurs couleurs sur les parois extérieures des églises,
sans avoir peur que couleurs de la nature puissent les faire pâlir. Les figures
sont souvent dessinées sur un fond bleu vif, pareilles ? l'église elle- même,
qui se profile sur l'azur |
|